Comment lire l'étiquette d'un complément alimentaire

Boite de complément alimentaire ouverte avec sticks unidoses

Une étiquette de complément alimentaire contient tout ce que vous avez besoin de savoir. Le problème, c'est qu'elle est écrite petit, dans un vocabulaire technique, et que l'essentiel se trouve rarement là où le regard se pose d'abord.

Voici comment la lire en quelques minutes, section par section, et les signaux qui doivent vous alerter.

Ce que la loi oblige à mentionner

Le règlement européen 1169/2011, dit « règlement INCO », impose une liste précise de mentions obligatoires. Si l'une d'elles manque, le produit n'est pas conforme :

  • La dénomination « complément alimentaire »
  • La liste des ingrédients, par ordre de poids décroissant
  • La quantité des nutriments ou substances à effet nutritionnel
  • La portion journalière recommandée
  • Un avertissement à ne pas dépasser cette dose
  • La mention que le produit ne se substitue pas à une alimentation variée
  • La mention de tenir hors de portée des jeunes enfants
  • Les allergènes, mis en évidence dans la liste
  • La date de durabilité minimale et le numéro de lot
  • Les coordonnées de l'exploitant responsable

1. La liste des ingrédients : l'ordre compte

Les ingrédients sont classés par poids décroissant. Le premier de la liste est donc le plus présent, le dernier le moins.

C'est l'information la plus révélatrice de toute l'étiquette. Si l'ingrédient mis en avant sur la face avant apparaît en fin de liste, derrière des agents de charge, des arômes ou des édulcorants, la promesse commerciale et la réalité de la formule ne coïncident pas.

2. Les dosages : cherchez les chiffres

Une formule sérieuse affiche la quantité de chaque actif par dose journalière. Un actif mentionné sans dosage est un actif dont vous ne pouvez rien conclure.

Méfiez-vous particulièrement des « complexes » ou « blends » propriétaires : un mélange annoncé globalement, par exemple « complexe botanique 500 mg », ne vous dit pas combien il y a de chaque plante. Il peut contenir 495 mg de la moins chère et 5 mg de celle qui figure sur le packaging.

Les VNR, ou pourcentages de référence

Pour les vitamines et minéraux, un pourcentage apparaît souvent : c'est la valeur nutritionnelle de référence, la part de l'apport quotidien de référence couverte par la dose.

Un chiffre au-delà de 100 % n'est pas anormal en soi et ne signifie pas « meilleur ». Certaines vitamines hydrosolubles sont couramment dosées au-dessus de la référence ; pour d'autres nutriments, il existe des limites de sécurité à ne pas dépasser.

3. Les allergènes : ils doivent sauter aux yeux

Les quatorze allergènes à déclaration obligatoire doivent être mis en évidence dans la liste des ingrédients — en gras, en majuscules ou soulignés.

Un exemple qui concerne directement notre catégorie : le collagène marin est issu de poisson. La mention du poisson est donc obligatoire. Une étiquette de collagène marin qui ne signale pas cet allergène pose un vrai problème de conformité.

4. L'exploitant responsable : qui répond de ce produit

L'étiquette doit indiquer le nom et l'adresse de l'exploitant responsable de la mise sur le marché. C'est l'entité juridiquement comptable du produit — pas nécessairement l'usine qui l'a fabriqué.

Une adresse précise et vérifiable est un bon signe. Une simple boîte postale, ou l'absence de toute coordonnée européenne, en est un mauvais.

5. Lot et date : la traçabilité

Le numéro de lot permet de retracer une production précise, notamment en cas de rappel. La date de durabilité minimale indique jusqu'à quand le fabricant garantit les qualités du produit.

Ces deux mentions sont souvent imprimées séparément, après conditionnement. Leur absence n'est pas un détail : c'est une non-conformité.

6. Les mentions qui ne devraient pas y être

Autant que ce qui figure sur l'étiquette, ce qui s'y trouve à tort est instructif. Aucun complément alimentaire ne peut affirmer prévenir, traiter ou guérir quoi que ce soit — cela relève exclusivement du médicament.

Plus largement, seules les allégations de santé figurant sur la liste européenne autorisée peuvent être employées, dans des formulations précises. Nous détaillons ce point dans un article dédié.

Votre méthode en cinq réflexes

  1. Retournez la boîte avant de regarder la face avant.
  2. Lisez le premier et le dernier ingrédient de la liste.
  3. Vérifiez que chaque actif annoncé a un dosage chiffré.
  4. Cherchez les allergènes mis en évidence.
  5. Trouvez qui est l'exploitant responsable.

Cinq minutes suffisent, et vous en saurez plus que la majorité des acheteurs.


Les compléments alimentaires ne se substituent pas à une alimentation variée et équilibrée ni à un mode de vie sain. Réservé à l'adulte.