Prébiotique, probiotique, postbiotique : le comparatif clair

Femme au reveil prenant sa cure quotidienne de collagène

Trois mots qui se ressemblent, trois réalités différentes. Voici le comparatif le plus clair possible, sans raccourci et sans promesse ajoutée.

Le tableau récapitulatif

Terme Ce que c'est Vivant ?
Prébiotique Un substrat, généralement des fibres, utilisé sélectivement par les micro-organismes de l'hôte Non — ce n'est pas un organisme
Probiotique Un micro-organisme vivant qui, en quantité suffisante, exerce un effet sur la santé Oui, par définition
Postbiotique Une préparation de micro-organismes inanimés et/ou de leurs composants Non — volontairement inactivé

Le prébiotique : la nourriture, pas l'organisme

C'est la source de confusion la plus fréquente. Un prébiotique n'est pas une bactérie. C'est un substrat — le plus souvent des fibres alimentaires que notre système digestif ne dégrade pas lui-même.

On trouve dans cette catégorie les fructo-oligosaccharides, l'inuline ou certains galacto-oligosaccharides. Ils sont naturellement présents dans de nombreux végétaux : chicorée, oignon, poireau, banane, artichaut.

Le probiotique : des micro-organismes vivants

La définition de référence, issue des travaux de l'OMS et de la FAO, insiste sur trois conditions cumulatives : des micro-organismes vivants, consommés en quantité suffisante, avec un effet documenté sur la santé de l'hôte.

La notion de souche est essentielle. Un probiotique se désigne par son genre, son espèce et sa souche précise. Deux souches d'une même espèce peuvent avoir des propriétés distinctes : « des probiotiques » en général ne veut donc pas dire grand-chose.

Les micro-organismes vivants étant fragiles, leur dosage s'exprime en UFC, unités formant colonie : on mesure leur capacité à se multiplier.

Le postbiotique : le plus récent des trois

C'est la catégorie la moins connue, et la plus récemment définie. En 2021, l'ISAPP a proposé une définition consensuelle : une préparation de micro-organismes inanimés et/ou de leurs composants.

Point important, et souvent mal rapporté : selon cette définition, un postbiotique doit contenir tout ou partie des cellules microbiennes non vivantes. Les seules molécules produites par les microbes pendant leur vie ne sont pas, techniquement, des postbiotiques — même si de nombreux articles les présentent ainsi.

L'inactivation s'obtient généralement par un procédé thermique. Les ferments inactivés se dosent en équivalent cellulaire, et non en UFC : ne pouvant plus former de colonies, la mesure en UFC n'aurait aucun sens.

Et les synbiotiques ?

Un quatrième terme circule : le synbiotique désigne l'association, dans un même produit, de probiotiques et de prébiotiques — les micro-organismes et leur substrat.

Ce qu'aucun de ces mots n'autorise à promettre

Il faut être clair sur un point, car beaucoup d'articles sur ce sujet franchissent la ligne. En Europe, aucune allégation de santé relative au microbiote intestinal n'est actuellement autorisée pour les compléments alimentaires.

Cela signifie qu'une marque ne peut pas affirmer qu'un produit équilibre la flore, améliore la digestion, renforce la barrière intestinale ou soutient l'immunité. Les définitions scientifiques évoquent des « bénéfices pour la santé » de manière générique ; cela ne vaut pas autorisation de les revendiquer commercialement.

Vous croiserez pourtant beaucoup de contenus qui l'affirment. C'est une non-conformité largement répandue.

Nous détaillons notre choix de vocabulaire dans pourquoi nous écrivons « ferments » et jamais « probiotiques ».


Les compléments alimentaires ne se substituent pas à une alimentation variée et équilibrée ni à un mode de vie sain. Réservé à l'adulte.