Sur notre boîte, vous lisez « ferments ». Vous ne lirez jamais « probiotiques ». Ce n'est pas une précaution de langage ni une pudeur marketing : les deux mots ne désignent pas la même chose, et employer le second serait factuellement faux.
Voici pourquoi, en détail.
Un probiotique, par définition, est vivant
La définition de référence est celle de l'OMS et de la FAO, reprise par l'ISAPP, l'association scientifique internationale sur les probiotiques et prébiotiques : un probiotique est un micro-organisme vivant qui, consommé en quantité suffisante, exerce un effet sur la santé de l'hôte.
Le mot « vivant » n'est pas décoratif. Il est constitutif. Un micro-organisme qui n'est plus vivant n'est pas un probiotique — c'est autre chose.
Nos ferments sont inactivés
La formule de Bloom contient des ferments tyndallisés. La tyndallisation est un procédé thermique doux, du nom du physicien John Tyndall, qui inactive les micro-organismes tout en préservant leurs composants.
Autrement dit : nos ferments ont été délibérément inactivés. Ils ne sont plus vivants. Les appeler « probiotiques » serait donc une erreur scientifique, indépendamment de toute question réglementaire.
Pourquoi inactiver volontairement des ferments ?
Cela peut paraître contre-intuitif, mais ce choix répond à des contraintes très concrètes :
- La stabilité. Des micro-organismes vivants sont fragiles. Chaleur, humidité, temps : leur nombre décroît pendant le stockage. Certains produits nécessitent une chaîne du froid. Des ferments inactivés restent stables à température ambiante.
- La cohérence du dosage. Avec des souches vivantes, la quantité réellement présente au moment de la consommation varie. Avec des ferments inactivés, ce que vous lisez sur l'étiquette correspond à ce que vous consommez.
- La compatibilité avec le format. Un stick de poudre conservé dans un placard n'est pas l'environnement idéal pour des bactéries vivantes.
Postbiotiques : le terme scientifique
Depuis 2021, l'ISAPP a proposé une définition pour cette catégorie : un postbiotique est une préparation de micro-organismes inanimés et/ou de leurs composants.
C'est le terme techniquement exact pour décrire ce que contient notre formule. Nous l'employons volontiers dans nos contenus éditoriaux, comme ici. Sur l'emballage, en revanche, nous écrivons « ferments » — un mot compréhensible par tout le monde, qui ne prétend rien de plus que ce qu'il désigne.
UFC ou équivalent cellulaire : la nuance du dosage
Vous avez probablement vu des dosages exprimés en « UFC » sur des produits contenant des probiotiques. UFC signifie « unités formant colonie » : on mesure la capacité des micro-organismes vivants à se multiplier et à former des colonies.
Cette mesure n'a pas de sens pour des ferments inactivés : ils ne peuvent pas former de colonies. Le dosage s'exprime alors en équivalent cellulaire — le nombre de cellules présentes, indépendamment de leur viabilité.
Si vous voyez un produit annoncer des UFC pour des ferments présentés comme inactivés, il y a une incohérence quelque part.
Et le mot « probiotiques » dans le commerce ?
Le statut de ce terme sur les emballages a fait l'objet de débats en Europe, avec des positions qui ont varié selon les États membres et évolué dans le temps. Nous ne trancherons pas ce débat ici.
Notre position est plus simple : même si nous pouvions l'écrire, nous ne le ferions pas, parce que ce ne serait pas exact pour notre produit. Le mot juste vaut mieux que le mot vendeur.
Ce que cela dit de notre approche
Écrire « ferments » plutôt que « probiotiques » nous coûte probablement en visibilité : le second terme est infiniment plus recherché. C'est un choix assumé.
Nous préférons vous expliquer une nuance que vous ne connaissiez peut-être pas, plutôt que d'utiliser un mot familier qui décrirait mal ce que vous achetez.
Pour comprendre notre approche des allégations, lisez aussi ce qu'une marque de compléments a le droit de vous promettre.
Les compléments alimentaires ne se substituent pas à une alimentation variée et équilibrée ni à un mode de vie sain. Réservé à l'adulte.