La tyndallisation expliquée simplement

Verre d'eau contenant un complément alimentaire entrain de se dilluer

Le mot apparaît sur notre étiquette et sur celle d'un nombre croissant de produits : « ferments tyndallisés ». Derrière ce terme technique se cache un procédé du XIXe siècle, et une décision de formulation très concrète.

D'où vient le nom

La tyndallisation doit son nom à John Tyndall, physicien irlandais du XIXe siècle, contemporain de Pasteur. Il travaillait sur la stérilisation des liquides et mit au point une méthode reposant sur des cycles de chauffage successifs plutôt que sur une chauffe unique et intense.

L'idée était astucieuse : certaines formes bactériennes résistantes ne sont pas détruites par un seul passage à la chaleur. En alternant chauffage et périodes de repos, on laisse ces formes se réactiver, puis on les élimine au cycle suivant.

Ce que ça signifie pour un complément alimentaire

Appliqué aux ferments, le principe est plus simple à énoncer : il s'agit d'un traitement thermique maîtrisé qui inactive les micro-organismes tout en préservant leur structure et leurs composants.

Les bactéries ne sont plus vivantes. Elles ne sont pas détruites ni réduites en bouillie : leurs parois cellulaires, leurs fragments et leurs métabolites restent présents.

C'est précisément ce qui les fait entrer dans la catégorie des postbiotiques, telle que définie par l'ISAPP en 2021 : une préparation de micro-organismes inanimés et/ou de leurs composants.

Pourquoi choisir d'inactiver

La question revient souvent : pourquoi tuer volontairement des bactéries qu'on a cultivées ? Trois raisons pratiques.

La stabilité

Des micro-organismes vivants déclinent au fil du temps, sous l'effet de la chaleur, de l'humidité et de l'oxygène. Certains produits exigent une conservation au froid. Des ferments inactivés se conservent à température ambiante, sans contrainte de chaîne du froid.

La fiabilité du dosage

Avec des souches vivantes, la quantité présente au moment de la consommation peut différer sensiblement de celle annoncée à la fabrication. Avec des ferments inactivés, la quantité ne varie pas. Ce que vous lisez correspond à ce que vous consommez.

La compatibilité avec le format

Un stick de poudre sèche, transporté dans un sac ou stocké dans un placard, n'est pas un environnement favorable à des bactéries vivantes. L'inactivation résout ce problème à la racine.

Comment se mesure un ferment inactivé

Les probiotiques se dosent en UFC, unités formant colonie : on évalue la capacité des micro-organismes à se multiplier.

Cette mesure devient inapplicable pour des cellules inactivées, qui ne formeront jamais de colonie. Le dosage s'exprime donc en équivalent cellulaire : le nombre de cellules présentes, viables ou non.

Si vous voyez un produit annoncer des UFC pour des ferments décrits comme inactivés, il y a une incohérence — soit dans le vocabulaire, soit dans la nature réelle du produit.

Ce que nous n'affirmons pas

La recherche sur les postbiotiques progresse et suscite un intérêt croissant. Cela ne change rien au cadre réglementaire : aucune allégation de santé liée au microbiote n'est aujourd'hui autorisée en Europe pour les compléments alimentaires.

Nous vous expliquons donc le procédé, sans lui prêter de bénéfice que nous n'aurions pas le droit d'annoncer.

Voir aussi : prébiotique, probiotique, postbiotique : le comparatif clair.


Les compléments alimentaires ne se substituent pas à une alimentation variée et équilibrée ni à un mode de vie sain. Réservé à l'adulte.